|
Collectif Territorial-Santé Lille et environs
Lettre ouverte à
Monsieur Patrick Kanner, Président du Conseil Général du Nord
Madame Martine Aubry, Maire de Lille
Madame Martine Aubry, Présidente de Lille Métropole
Monsieur Daniel Rondelaere, Président du SDIS59
Madame Marie Christine Staniec Wavrant, présidente de l’EPDSAE
Et à l’ensemble des élus des collectivités concernées
Lille, le 6 janvier 2012
Mesdames, Messieurs,
Le 12 janvier prochain, Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République, viendra à Lille pour présenter ses vœux aux fonctionnaires et aux acteurs de la réforme de l'Etat.
Lille n'est qu'une étape parmi d'autres dans la tournée présidentielle entamée à Metz dès le 1er janvier. Mais quelle étape ! C'est dans les murs de notre ville, que le Président de la République a tenu ses premiers vœux décentralisés et lancé en 2008 la Révision Générale des Politiques Publiques caractérisée par le non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Mesure qui, vous le savez, a conduit en trois ans, à la suppression de 150 000 postes dans la Fonction Publique d'Etat.
Le Président de la République et l'UMP, qui s'interrogent désormais sur le « périmètre d'un Etat moderne », pensent « que les collectivités territoriales ne pourront pas s'exonérer de l'effort d'appliquer la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ». C'est d'ailleurs en ce sens que, Monsieur Jean-René Lecerf, Chef de l'opposition au Conseil Général, est intervenu lors du vote du Budget départemental.
Au-delà des désaccords politiques et idéologiques, l'efficacité de cette mesure est d'ores et déjà contestée par la Cour des Comptes qui juge son bilan budgétaire peu probant. Les fonctionnaires et les usagers en subissent par contre les effets quotidiens, c'est la société entière qui en pâtit.
Dans son programme électoral de 2012, l'UMP - dont Nicolas Sarkozy sera assurément le candidat - annonce son intention de diminuer de 2 milliards d’euros par an (10 milliards en 5 ans), les dotations aux Collectivités locales. Voilà de nombreuses années que, sans le reconnaître, le Gouvernement pilonne les collectivités locales à travers une baisse des dotations de l’Etat et une non-compensation des transferts de charges. Désormais, la droite assume : après avoir affaibli les Services publics nationaux, le Président veut affaiblir les Services locaux. Nouvelle promesse d'injustice sociale qui se traduira par la remise en cause des politiques en faveur des plus démunis et de la politique d'aménagement solidaire des territoires. Ce choix de l’UMP est aussi une promesse d’échec économique. Vous le savez, les collectivités locales, qui ne participent qu'à hauteur de 10 % de la dette publique, assurent aujourd’hui 75% de l’investissement public en France. Les asphyxier, c’est assécher les carnets de commandes des PME et donc l’emploi des Français.
N’oublions pas non plus qu’au travers ce recul des ressources financières ce sont aussi les associations subventionnées par les collectivités territoriales qui subissent des pertes de moyens, allant parfois jusque la cessation d’activité.
A Metz, le 1er janvier dernier, Monsieur Nicolas Sarkozy a déclaré « Les Français, ont confiance dans leur administration, ils connaissent la compétence et l'honnêteté des fonctionnaires". Les Français certainement, mais pas le Président de la République qui réduit nos effectifs, appauvrit nos Ministères et nos collectivités locales, gèle nos rémunérations, allonge nos temps de cotisation, taxe nos arrêts maladie, détruit l'Hôpital public, etc.
C'est ce Président de la République, qui en 2009, « plaisante » sur le bouleversement des habitudes des fonctionnaires et assimilés du nouveau Pôle Emploi, sur le « changement de métier, le changement de locaux de fonctionnaires qui aimaient leur petit bureau, leur petite affiche de la Polynésie pour rêver, ou leur orchidée qu'on soigne au bureau ».
C'est ce Président de la République qui « pense aux ouvriers, avant les fonctionnaires » protégés du chômage par leur Statut. Protection qu'il supprime en 2010, à l'occasion de la Loi sur la mobilité qui déguise le licenciement en mise en disponibilité sans traitement pour cause de suppression de poste !
Ce Président de la République qui n'a « pas été élu pour faire la réforme des retraites », qui serait « le Président du pouvoir d'achat », qui devait « atteindre en cinq ans le plein emploi, soit moins de 5 % de chômage », selon lequel « l'investissement dans la santé serait majeur », qui améliorerait « les conditions de travail des personnels de la santé » (10 000 suppressions d'emplois en 2009), qui veillerait à « répartir les profits des entreprises en trois tiers : salariés, actionnaires, investissements » : baisse continue de la part salariale, casse des retraites et de la sécurité sociale, autant de salaire différé qui n'est plus servi aux salariés.
|