Archive pour 12 janvier 2018

EHPAD | Lettre ouverte aux résidents et leurs familles

 

Lettre ouverte de la Fédération CGT des Services Publics et de la Fédération CGT Santé et Action sociale

Lettre ouverte aux résidents et leurs familles

Madame, Monsieur,

Depuis de nombreux mois, les conflits dans les Ehpad, établissements et structures de prise en charge des personnes en perte d’autonomie, se multiplient. Grâce à la couverture médiatique de ces évènements, la France découvre l’indignité avec laquelle on traite nos ainés dans ce pays. Les témoignages édifiants des personnels des Ehpad sur leurs conditions de travail et la prise en charge « maltraitante » des résidents sont alarmants. La loi d’adaptation au vieillissement (loi ASV), mise en application en 2016, avait été critiquée du fait de sa direction vers le tout domicile, au détriment des Ehpad. Mais la réforme du financement a fait que ces établissements se retrouvent en grande difficulté. Cela se traduit par une baisse de 200 millions d’euros sur le budget pour le public. Quant aux établissements privés commerciaux, ils bénéficient, quant à eux, d’un crédit d’impôt sous forme d’exonération de taxe patronale sur les salaires. Ils rétribuent leurs actionnaires et investissent à l’étranger ! La baisse des dotations va accentuer les sous-effectifs auprès des services et établissements dédiés aux personnes âgées en perte d’autonomie. En conséquence, il y aura des répercussions sur la prise en charge des personnes âgées (en France, le ratio est de 0,60, en Allemagne de 1,2).

Actuellement, les tarifs d’hébergement sont au-dessus de la solvabilité des populations accueillies. 75 % des hébergés disposent d’un revenu inférieur au coût de leur séjour en moyenne de 1587 euros. Si les soins sont pris en charge par l’Assurance maladie et les 2/3 de la dépendance par les Conseils départementaux, les frais d’hébergement incombent aux résidents, soit un reste à charge négatif au regard des revenus. Dans le privé lucratif, les tarifs d’hébergement peuvent varier entre 2 000 et 8 000 euros selon les régions.

Ces dernières années, les situations des Ehpad, foyers-logement, SSAD — Services de Soins à Domicile — et SSIAD — Services de Soins Infirmiers à Domicile — se sont particulièrement tendues. Les personnels en nombre très insuffisant sont épuisés par des cadences infernales, soumis à des phénomènes d’extrême intensification du travail allant malheureusement parfois jusqu’à la perte du sens du travail, l’épuisement absolu et la dégradation directe de la prise en charge de la personne âgée.

Le vieillissement est-il dans les priorités du gouvernement ?

Alors que ce gouvernement a supprimé le secrétariat d’État aux personnes âgées, nous n’avons plus d’interlocuteur dédié. Le Haut Conseil de la famille réuni en décembre 2017 a déclaré : « La situation actuelle n’est pas digne d’un pays aussi riche que le nôtre ».

Que voilà une parole sensée ! La CGT s’indigne en effet depuis longtemps de la façon dont sont traités nos ainés. Mais, sans personnel supplémentaire qualifié, reconnu avec des moyens humains et matériels, il n’y a pas d’amélioration possible. La ministre de la Santé déclare : « Les difficultés persistantes de certains Ehpad publics sont imputables à des carences managériales ».

La CGT dit stop aux déclarations fracassantes, non suivies d’effets ! Il faut des actes forts : quels financements ? Quels taux d’encadrement ? Quelles revalorisations salariales ? Comment accompagner, respecter les besoins des résidents ? Quelle prise en charge de la dépendance de demain ? Le Haut Conseil de la famille se prononce pour une évolution du système assurantiel et de prévoyance. Devant le reste à charge élevé, il préconise le développement du marché de l’assurance privée.

La CGT propose la création d’un droit à l’autonomie dans le cadre de la branche maladie de la Sécurité sociale et d’un grand service public de la santé et de l’action sociale, excluant les établissements privés commerciaux. Pas d’argent de la Sécurité sociale pour rémunérer les actionnaires !

La CGT appelle donc à une initiative nationale dans les EHPAD, foyers-logement, SSAD et SSIAD le mardi 30 janvier 2018. Cette journée sera marquée par des grèves, débrayages, actions locales, débats publics, interpellations des élus locaux… 
La CGT invite donc l’ensemble des familles et résidents à nous retrouver et à participer à nos côtés à cette journée d’action mardi 30 JANVIER 2018.

Ensemble, exigeons des politiques au service du progrès social !

EHPAD : Tous en grève le 30 janvier 2018 pour l’augmentation des effectifs gage de l’amélioration de la prise en charge des résidents | Communiqué commun

 

Les sept organisations syndicales signataires, avec l’AD-PA se sont réunies le 9 janvier 2018. Elles ont adopté le communiqué suivant.

Le 30 janvier 2018, les organisations syndicales CGT, CFDT, FO, SUD, UNSA, CFTC et CFE-CGC, appellent les salariés des Établissements d’Hébergements pour Personnes âgées dépendantes (EHPAD), ainsi que ceux des soins à domicile, à se mettre en grève et à manifester.

L’association des directeurs de services à domicile et d’établissements pour personnes âgées (AD-PA) soutient largement ce mouvement. De leur côté, neuf associations et unions confédérales de retraités apportent aussi leur soutien à cette initiative d’ampleur nationale.

Depuis plusieurs années, les organisations syndicales dénoncent l’insuffisance des effectifs et des moyens, personne ne le conteste, encore moins la mission parlementaire IBORRA, qui l’a relevée dans ses conclusions.

À cela s’ajoute une nouvelle réforme de la tarification, unanimement contestée, qui va se traduire par des suppressions massives de postes et une prise en charge des résidents qui sera encore plus dégradée.

Après la catastrophe sanitaire liée à la canicule de 2003, la réponse du gouvernement avait été d’imposer à tous les salariés de travailler le lundi de la Pentecôte, sans qu’aucune étude de besoins réels sur les structures n’ait été menée.

En 2006, le « Plan Solidarité Grand Age » préconisait qu’au plus tard en 2012, les effectifs devaient être renforcés par la mise en place d’un ratio de « un agent pour un résident ». Cela n’a jamais été mis en application.

Face à une situation qui ne cesse de se détériorer, tant pour les personnes âgées prises en charge que pour le personnel de ces établissements dont les conditions de travail se sont considérablement dégradées, il n’y a pas d’autre issue que le rapport de force pour faire entendre nos revendications.

Le président de la République interpelé sur cette question refuse de recevoir les organisations syndicales et la ministre de la Santé, après avoir déclaré que les difficultés des EHPAD « n’étaient pas qu’une question financière, mais un problème de management, notamment dans les établissements publics », ne propose qu’un groupe de réflexion sur la qualité de vie au travail (QVT) !

Nous considérons que cette situation ne peut plus durer. Nous ne pouvons rester indifférents ni à la prise en charge de nos ainés, ni à la dégradation de nos conditions de travail.

Le gouvernement et la Ministre de la Santé doivent répondre aux légitimes revendications !

Pour toutes ces raisons, les 7 organisations syndicales appellent tous les salariés des EHPAD, ainsi que ceux des soins à domicile à faire grève le 30 janvier et à participer massivement aux différentes initiatives qui seront organisées en commun dans les départements en direction des préfectures, des ARS et des Conseils Départementaux, afin de porter nos revendications :

  • Application d’un agent ou un salarié par résident, tel que prévu par la Plan Solidarité Grand Age ;
  • Abrogation des dispositions législatives relatives à la réforme de la tarification des EHPAD, contenues dans la loi du 28 décembre 2015 ainsi que le retrait des décrets d’application ;
  • Arrêt des baisses de dotations induites par la convergence tarifaire et exige par conséquent le maintien de tous les effectifs des EHPAD y compris les contrats aidés, qui doivent être intégrés et sécurisés ;
  • Amélioration des rémunérations, des perspectives professionnelles et de carrières, dans le cadre du Statut et des conventions collectives nationales ;

Enfin, les sept organisations syndicales et l’AD-PA réaffirment leur ferme volonté d’être reçues par Emmanuel Macron.

Une conférence de presse nationale se tiendra le 25 janvier à la Bourse du travail à Paris.

Il a été notamment décidé qu’une délégation commune se rendra le 30 janvier à 10 heures à Matignon, puis au ministère des Solidarités et de la Santé en début d’après-midi où sera organisé un rassemblement.

Le 9 janvier 2018

LES VŒUX SE SUCCEDENT, LA REGRESSION PERDURE !!!

 

 

La CGT des personnels actifs et retraités de Lille, Helemmes et Lomme vous adresse à toutes et à tous ses meilleurs vœux d’espoir de conquête et de courage pour cette nouvelle année 2018.

Pour cette nouvelle année il est plus que temps d’imposer et de revendiquer de ce que nous voulons, au lieu de subir ce que nous ne voulons pas.

Ces vœux du 12 janvier 2018 sont ceux du syndicat CGT, fidèle à son engagement et ses combats depuis plus de 100 ans qui ont permis l’avènement des congés payés, de la protection sociale (maladie et retraite), du statut de la fonction publique, de l’amélioration et la réduction du temps de travail, de l’expression syndicale des salariés…

Ces conquêtes syndicales et de la CGT ne doivent jamais être oubliées et notre génération a la charge de les défendre et de les accroitre pour nous et les générations futures.

Par contre les vœux que vous allez entendre ce jour de la part de notre équipe municipale sont-ils vraiment en phase avec notre ambition de maintien de nos acquis et de nos perspectives de progrès social ?

 Les vœux se succèdent, la régression s’installe !

 Évidemment, nous ne pouvons-nous satisfaire de ces déclarations attendues, d’opportunité médiatique, alors que nous constatons au quotidien l’alignement de nos élus et de notre administration sur les nouvelles injonctions et préconisations de l’actuelle majorité gouvernementale.

 

Ainsi, sans surprise, les vœux 2018 auront à leur menu, des mets bien moins ragoutants que ceux qui vous seront  servis tout à l’heure : 

En (r)entrée : La privatisation des services avec une petite mise en bouche annoncée récemment, la privatisation des services Fourrière et Objets trouvés.

Privatisation programmée et annoncée comme possibilité de réduire les coûts de fonctionnement et d’améliorer son « dit » fonctionnement. Il est vrai qu’une gestion privée de cette mission publique peut réduire ses coûts en développant la précarité de l’emploi et l’intensivité du travail, le non-respect des salariés. Chose qui ne semble ne pas déranger et choquer notre équipe municipale. Avec de tels critères un grand nombre de services municipaux pourraient avoir le même destin avec la bénédiction d’une équipe municipale désinhibée de toute exigence éthique et sociale.

 

En plat de résistance :

Nous sommes tous à constater une dégradation des conditions de travail, des suppressions de postes dans nos services (à la faveur de mobilités ou de départs en retraites), de mises en places d’horaires de plus en plus contraignants (sans aucune concertation ni dialogue avec les agents concernés), de recours massif à l’emploi précaire (même sur des missions permanentes de services au public)…

Quant à nos possibilités d’évolution de carrière et de rémunération, elles sont de plus en plus réduites et amputées avec la mise en place de ratios d’avancement de grade de plus en plus étriqués, sans parler de possibilités des promotions internes rendues quasi inexistantes par la politique de suppression de poste et de non recrutement de titulaires (puisque que l’essentiel des recrutements se fait par la voix contractuelle et non parmi les lauréats de concours, fermant ainsi la porte  aux possibilités de promotion interne dans une catégorie supérieure).

À ce propos, notre syndicat se bat pour l’augmentation des ratios d’avancement pour que tous les agents puissent bénéficier d’un avancement de grade et d’une carrière complète alors qu’aujourd’hui, selon la très officielle DGCL (direction générale des collectivités locales) seuls 3% des agents bénéficient d’une carrière complète avant leur départ à la retraite dans leur catégorie.

Sur la question de la CAP s’il y a bien une urgence et un combat c’est bien celui-là !

 

En dessert :    « La régression du dialogue social »

Lors de ces vœux de l’autorité territoriale, on nous fera  croire à un dialogue social harmonieux, bienveillant et respectueux avec les organisations syndicales des salariés de notre collectivité.

Nous ne pouvons que dénoncer l’absence totale de ce pseudo dialogue social !

 

La réalité est toute autre :

Une consultation des instances paritaires du personnel (CAP, CTP, CHSCT) uniquement formelle, sans aucune prise en compte des avis divergents des représentants du personnel, ni aucune concertation en amont de décisions modifiants la situation des agents ou des services de notre collectivité.

 

En bon élève des méthodes préconisées par les deux Manus (Valls et Macron) la ville de Lille va jusqu’à pratiquer la discussion avec les seules (voire la seule) organisations syndicales en accord avec elle sur ses projets de réorganisations des services et de modification de conditions de travail des agents.

 

          En digestif :  

Pour nous, seule la mobilisation des agents permettra d’inverser ces politiques régressives, tant nationales que locales, et  de conquérir des droits nouveaux.

Rappelons-nous qu’il n’est pas de « sauveur suprême », producteurs (agent-e-s) sauvons-nous, nous-mêmes et décrétons les services publics commun !!!!! Adaptation d’une veille chanson militante, composée à la demande de Gustave DELORY (ancien Maire de Lille – Socialiste)

 

 

 

 

        

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