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Dernières mise à jour :  | Par cgt-villedelille

NON AU FLICAGE MEDICAL

 

 

Lors du CHSCT du 4 décembre dernier a été présenté le dispositif de contrôle médical que la collectivité veut mettre en œuvre à compter du 1er janvier 2018.

Diverses études ont pourtant montré que pour prévenir les absences au travail le dispositif de retenues sur salaires appliqués aux agents n’est pas une solution.

La Ville nous rappelle que le taux d’absentéisme pour maladie ordinaire était en 2016 de 5,18 %. Les causes sont connues : la maladie ordinaire (gastro, grippe..) mais aussi en raison des conditions de travail dégradées, des réorganisations permanentes, du management par le stress, de la pression par objectif, le manque de moyens pour les atteindre, manque de considération,…

La Ville de Lille a malgré tout sorti l’arsenal lourd : les contrôles médicaux délégués à la société privée SECUREX (recommandée sur le site du Medef) qui s’est fait connaître pour mettre en œuvre un véritable flicage des personnels, notamment à la RATP et à La Poste.

Les contrôles médicaux sont des armes de pression permanente à l’encontre des agents en arrêt pour raison de santé. Le seul but étant de diminuer le nombre de jours d’arrêt par la répression, ou par dissuasion de se faire soigner dans le souci constant de faire de fausses économies au détriment de la santé de la personne.

On vous dira qu’il s’agit de vérifier si l’état de santé constaté lors du contrôle permet ou non la reprise de travail. Pourquoi donc faire des contrôles inopinés si ce n’est pour mettre une pression supplémentaire et ainsi dissuader les agents à se soigner ? Nous rappelons que l’Ordre national des médecins précise: «Afin de ne pas contrevenir à la déontologie médicale, le médecin doit uniquement indiquer les circonstances qui ont rendu impossible l’examen de l’assuré et la vérification de la justification de l’arrêt de travail. S’il n’a pu pénétrer au domicile, il ne peut pour autant certifier l’absence de la personne qu’il devait contrôler».

On nous annonce également que ce contrôle médical (poliment nommé contre-visite médicale) pourra être lancé directement à Sécurex dès le premier jour d’arrêt de travail par le N+2 et ce même si l’administration n’a pas encore reçu l’avis d’arrêt de travail !!! 

Comment dans ces conditions, considérer que ce soit là un contrôle médical et non un flicage ? Certains encadrants pourront utiliser ce pouvoir supplémentaire qui leur sera accordé pour accroître la pression, tout en sachant que le N+2 ne désavouera pas le N+1.

Mettre en place une politique de prévention efficace des absences, nécessite de mettre l’accent sur l’amélioration les conditions de travail, sur le dialogue et en favorisant le bien être au travail et non à mettre en œuvre des outils de répression. 

L’amélioration des aménagements de postes et l’accélération des reclassements pour raison de santé contribuerons également à une baisse de l’absentéisme.

La CGT des personnels actifs et retraités de Lille, Hellemmes et Lomme ainsi que les syndicats FO et SAI siégeant en CHSCT ne pouvons donc accepter de voter en faveur de ce dispositif rétrograde et stigmatisant.

En clair, 3 Organisations syndicales sur 4 ont voté contre se projet inacceptable